Histoire de famille

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Jean-Baptiste LOQUIN
Les pionniers

En 1936, Jean-Baptiste et Marie-Rose s’installent à Yffiniac. Ils sont métayers : la terre et les murs appartiennent au Comte, mais la sueur est la leur. À cette époque, le Domaine du Grenier vit au rythme lent des chevaux de trait. Tout se fait à la force du poignet, de la fourche et du collier d’épaule.

Puis la guerre éclate en 1939. Les hommes partent, et Fernand, le fils, est fait prisonnier. Pendant cinq ans, la ferme repose sur les épaules des femmes. Marie-Rose et Francine la fille assurent l’essentiel : labourer, nourrir, tenir bon. À la Libération, il faudra une année entière à Fernand pour retrouver sa Bretagne et les siens. La vie peut enfin reprendre son cours normal.

La tribu et le labeur
L’essor mécanique

Une nouvelle ère s’ouvre avec l’arrivée des moteurs. En 1969, le GAEC est créé entre Fernand père et fils, bientôt rejoints par Dominique en 1982. Le bruit des tracteurs remplace définitivement le pas des chevaux. On gagne en puissance et en surface ; la ferme devient une véritable exploitation moderne où le fer remplace peu à peu la force des bras.

Le grand tournant arrive en 1977 : Fernand fils rachète le corps de ferme au Comte de l’Argentaye. Pour la première fois, les Loquin sont maîtres de leur terre. Dès 1978, la maison d’habitation est modernisée. C’est le début d’un chantier permanent pour adapter les vieux bâtiments aux besoins de la famille.

Fernand fils LOQUIN

L’intuition du Tourisme Vert

En 1986, Marie-Reine lance un pari un peu fou : ouvrir une chambre d’hôte. Le « tourisme vert » n’en est qu’à ses débuts. Avec un tarif de 40 francs et seulement six clients la première année, il fallait y croire ! Mais la métamorphose est lancée. En 1987, l’ancien garage à tracteurs devient le gîte « Émeraude ». Malgré l’ouragan dévastateur d’octobre 1987, la famille reconstruit.

En 1990, le hangar à foin laisse place aux gîtes « Armor » et « Argoat », suivis par la longère entre 1992 et 1994. Marie-Reine s’investit aux Gîtes de France, faisant du Grenier une référence de l’accueil.

En 2004, l’activité agricole s’arrête définitivement : la Ferme devient alors officiellement le Domaine du Grenier. C’est la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle identité.

David LOQUIN
Le renouveau