
En 1936, Jean-Baptiste et Marie-Rose s’installent à Yffiniac. Ils sont métayers : la terre et les murs appartiennent au Comte, mais la sueur est la leur. À cette époque, le Domaine du Grenier vit au rythme lent des chevaux de trait. Tout se fait à la force du poignet, de la fourche et du collier d’épaule.
Puis la guerre éclate en 1939. Les hommes partent, et Fernand, le fils, est fait prisonnier. Pendant cinq ans, la ferme repose sur les épaules des femmes. Marie-Rose et Francine la fille assurent l’essentiel : labourer, nourrir, tenir bon. À la Libération, il faudra une année entière à Fernand pour retrouver sa Bretagne et les siens. La vie peut enfin reprendre son cours normal.
En 1947, Fernand prend la relève en fermage. Avec Jeanne-Marie, ils forment le socle de la famille. La maison s’anime avec l’arrivée de cinq enfants : Fernand fils, Jean-Yves, Jeanine, Armelle et Dominique.
C’est une époque de transition. Le travail est encore rude, physique, et les chevaux sont toujours les piliers des champs. Les enfants grandissent entre les pattes du bétail et les travaux saisonniers. La ferme est une fourmilière où chacun trouve sa place, entre les grandes tablées et les journées qui n’en finissent pas. C’est ici que s’est forgé l’esprit de famille du Grenier.
Une nouvelle ère s’ouvre avec l’arrivée des moteurs. En 1969, le GAEC est créé entre Fernand père et fils, bientôt rejoints par Dominique en 1982. Le bruit des tracteurs remplace définitivement le pas des chevaux. On gagne en puissance et en surface ; la ferme devient une véritable exploitation moderne où le fer remplace peu à peu la force des bras.
Le grand tournant arrive en 1977 : Fernand fils rachète le corps de ferme au Comte de l’Argentaye. Pour la première fois, les Loquin sont maîtres de leur terre. Dès 1978, la maison d’habitation est modernisée. C’est le début d’un chantier permanent pour adapter les vieux bâtiments aux besoins de la famille.

En 1986, Marie-Reine lance un pari un peu fou : ouvrir une chambre d’hôte. Le « tourisme vert » n’en est qu’à ses débuts. Avec un tarif de 40 francs et seulement six clients la première année, il fallait y croire ! Mais la métamorphose est lancée. En 1987, l’ancien garage à tracteurs devient le gîte « Émeraude ». Malgré l’ouragan dévastateur d’octobre 1987, la famille reconstruit.
En 1990, le hangar à foin laisse place aux gîtes « Armor » et « Argoat », suivis par la longère entre 1992 et 1994. Marie-Reine s’investit aux Gîtes de France, faisant du Grenier une référence de l’accueil.
En 2004, l’activité agricole s’arrête définitivement : la Ferme devient alors officiellement le Domaine du Grenier. C’est la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle identité.

du Domaine (2012 – 2026)
En 2012, c’est l’heure de la retraite pour Fernand et Marie-Reine. David, le fils aîné, reprend les rênes (4ème génération) et engage des changements profonds pour faire du Domaine un lieu d’exception.
Sous son impulsion, le Domaine change d’échelle : réouverture de la maison d’hôte en 2013 avec cinq grandes chambres, construction d’une piscine couverte en 2016, création de terrasses paysagères, de jardins soignés et d’un espace bien-être. Le Domaine s’ouvre aussi aux réunions et séminaires. En 2025, le 12ème gîte voit le jour. En 2026, la famille célèbre 40 ans de passion pour l’accueil et d’histoire commune avec les Gîtes de France.




